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Visite à la boutique Richard Mille de Paris



Il y a onze ans Richard Mille lançait la RM001 qui fut une véritable révolution dans la conception d’une montre, et ce à deux niveaux :

- La technique

Richard Mille parti d’un constat simple, l’évolution de la technique depuis la révolution industrielle étant sans commune mesure avec ce qui se faisait auparavant. Aujourd’hui, l’homme maitrise une technologie en perpétuelle évolution (aérospatiale, automobile, chirurgie etc.) tandis que l'horlogerie a peu évolué aussi bien dans la technique que dans les matériaux utilisés. Par conséquent il a voulu créer une montre en cohérence avec notre siècle, avec ce que l’homme connaît de la technique.

De plus, au début des années 2000, les manufactures horlogères se livraient une bataille pour réaliser la montre la plus compliquée. Richard Mille, quant à lui, alla à contre-courant de cette philosophie car pour lui une montre devait se définir par sa simplicité et sa légèreté : une montre est réalisée pour être portée au quotidien, quelles que soient les situations.

Par conséquent, il voulait et il "fallait" concevoir une montre alliant résistance et légèreté (parallèle avec ce qui se fait en aéronautique). Pour aboutir à ce résultat il a voulu utiliser le matériau répondant à ces deux critères étant à la pointe de la technologie : le titane. Il l’utilisa non seulement pour ses boites, mais également – ce qui fut une première mondiale – dans la mécanique de ses montres.



- L'esthétique

Afin d'appréhender cet aspect, il convient de revenir sur le parcours professionnel de Richard Mille.
Il travailla pour Matra, notamment sur les projets de montre pour une utilisation "extrême", ce fut le cas de la Yema Bipole. La technique était omniprésente dans le cahier des charges de la fabrication de ces montres. Puis il travailla chez Mauboussin, qui alliait tradition horlogère et joaillerie. La RM001 était une alliance de la technique et de l'esthétique. Pour lui, l'esthétique est aussi importante que la technique. Ce sont les deux facettes d'une même pièce. Richard Mille y distilla également sa passion de l'automobile (matériaux, conception... etc). Le résultat fut donc une montre unique et en cohérence avec son temps.



La première RM fut un défi à réaliser, et il fut relevé avec brio par Renaud et Papi (ateliers Audemars Piguet). Le cahier des charges était "simple" : créer un tourbillon fiable et utilisable en condition sportive. Le défi fut relevé mais un détail semblait handicaper le projet : le prix de cette pièce. Richard Mille souhaitait créer une montre sans tenir compte du prix de revient. Cela afin de ne pas être bloqué par des considérations financières qui auraient pu remettre en cause son projet. Le prix final de la pièce positionna d'emblée la marque dans le très haut de gamme.
La prise de risque fut énorme, mais le design particulier et le prix n'ont pas freiné la marque, puisque sans s'y attendre Richard Mille connu un succès immédiat. La montre répondait à une demande du marché que les marques horlogères avaient délaissé. La marque RM est basée sur :
- une montre / une fonction
- un esprit propre basé sur l'innovation et l'exclusivité

Ce bref historique nous a été livré avec passion par Denis Chauvé, de la boutique Richard Mille, Place Vendôme à Paris. Cela nous a permis de nous imprégner de l'univers Richard Mille qui est assurément unique et exclusif.
Celui-ci nous fit également une présentation de la clientèle et sur ce qui se passe actuellement dans le monde horloger:



- La clientèle

Elle est restreinte du fait du positionnement de la marque et de par l'univers de la marque. Toutefois, il est à noter que la clientèle est composée de toutes les nationalités.
Tous les acheteurs de RM ont un point commun : l'univers fédérateur et moderne des montres Richard Mille.



- Aujourd'hui

La crise que connait aussi l'horlogerie permet de faire ressortir les meilleurs et les marques avec un véritable ADN. Richard Mille est une marque établie, ce n'est plus simplement une montre avec un nom. Une RM est une montre du coeur ayant un univers particulier.



Denis Chauvé nous présenta également un panel représentatif des montres Richard Mille. Pour leur présentation nous avons fait le choix d'exposer une ou deux caractéristiques représentatives par RM qui sont chacune une "révolution horlogère".

RM011



Le poussoir est une révolution à lui seul, son actionnement "situé entre 4 et 5 heures permet la remise à zéro de l'aiguille du chronographe sans qu'il soit nécessaire d'arrêter le mécanisme au préalable. Ce dispositif fut mis au point à l'origine pour les pilotes afin d'éviter toute perte de temps (et de ce fait de précision) lors de l'arrêt, la remise à zéro et le redémarrage du chronographe au passage d'un point de navigation".
Son fonctionnement est extrêmement simple : "l'utilisateur peut actionner ou arrêter le chronographe au moyen du poussoir situé entre 1 et 2 heures. La fonction de retour en vol peut être en tout temps remise à zéro à l'aide du poussoir situé entre 4 et 5 heures".
Pour l'arrêt il suffit "d'utiliser le poussoir start/stop situé entre 1 et 2 heures pour arrêter le chronographe, puis d'appuyer sur le poussoir reset/flyback".




Le boitier de la RM011 "a fait l'objet d'une année entière de recherche et de développement. Pour chaque boîtier, les trois composants principaux (lunette, carrure et fond) requièrent 68 opérations d'étampage. Le processus nécessite un réglage des machines d’une durée de 8 jours pour la lunette, 5 jours pour la carrure et 5 jours pour le fond. En amont, il a fallu 120 heures pour établir une méthodologie concernant ces opérations, 130 heures pour les plans d'outillage et 180 heures pour la mise en œuvre. Chaque boîtier brut demande 202 opérations d'usinage distinctes. La conception et la réalisation de la montre relèvent d'une approche globale du mouvement, du boîtier et du cadran. C'est pourquoi tout est construit de manière harmonieuse, selon des spécifications extrêmement rigoureuses, comme un châssis et un moteur de voiture de Formule 1. Par exemple, le cercle d'emboîtage est supprimé et le mouvement est fixé au châssis au moyen de 4 vis en titane et de silentblocs (ISO SW). Voilà qui atteste de l'absence de compromis sur la qualité de réalisation. Le boîtier en trois parties est étanche à 50 mètres, grâce à trois joints toriques en nitrile. Il est assemblé au moyen de 16 vis cannelées en titane grade 5 et de rondelles en maillechort résistantes à l’usure".


RM 032



La RM 032 est étanche à 300 mètres, selon les exigences de la norme ISO 6425 pour les montres de plongée.
Lors de plongées en eaux profondes, la pression d’eau est suffisamment importante pour agir sur la couronne de remontage ou sur les poussoirs. Pour éviter toute mise en fonction accidentelle (pression ou mauvaise manipulation), Richard Mille a développé une deuxième couronne bloquante qui assure une étanchéité parfaite par 300m de profondeur. La couronne et les poussoirs sont condamnés par simple rotation de la bague. Les index vert et rouge indiquent si celle-ci est désactivée ou en fonction.




RM 020



Sur la RM 020, montre à gousset sans concession et unique, Richard Mille reprend la platine de mouvement en nanofibres de carbone présente sur la RM 006. La RM 020 est la première montre de poche de l’histoire horlogère à présenter une platine en nanofibres de carbone.
Dans la grande tradition des montres de poche, la RM 020 peut également être utilisée comme pendulette de bureau, grâce à un socle prévu à cet effet.

La platine de la RM 020 est un "matériau isotrope, constitué de nanofibres de carbone, injecté sous une pression très élevée de 7500 N/cm2, à une température de 2000°C afin de produire un matériau à la remarquable stabilité mécanique, physique et chimique dans toutes les directions. La platine est dotée d’une nervure périphérique qui augmente la rigidité de son assemblage avec les ponts. Ce matériau composite, par ailleurs amorphe et chimiquement neutre, conserve ses dimensions dans une large plage de températures et assure ainsi la stabilité du rouage quelles que soient les conditions d’utilisation".

La couronne de la RM 020, quant à elle, est une pièce exceptionnelle, elle fut"mise au point par la société Cheval Frères, spécialiste des composants pour l’habillage horloger, elle fut un véritable défi technique. L’ensemble chaîne, mousqueton, cache couronne et socle demande pour sa réalisation, 580 opérations dont 140 opérations de finitions et 126 opérations de contrôle et pas moins de 189 pièces (27 pièces pour la couronne, 20 pièces le cache couronne ; 16 pièces pour le mousqueton, 65 pièces pour la chaîne, 61 pièces pour le socle). Cette couronne est par ailleurs dynamométrique. Ce dispositif de sécurité permet d’éviter le remontage forcé, source de problèmes, tels que le bris de la tige ou la surtension du ressort du barillet".




RM030





A noter - Une des nombreuses innovations techniques de la montre, le rotor débrayable :

"Le rotor, source d’énergie pour les montres automatiques, soumet le mouvement à de fortes contraintes et notamment le barillet lors des phases d’armage. Lorsque le ressort de barillet est complètement tendu, il faut faire en sorte de limiter sa surtension. Pour éviter cette contrainte dommageable, on utilise traditionnellement un système de bride glissante qui intervient à la limite de la résistance du ressort. Cependant, ce système traditionnel n’empêche pas l’accumulation de débris à l’intérieur du barillet lorsque le rebord libère l’excès d’énergie pendant de longue période de remontage excessif, particulièrement dans le cas d’une personne très active. A terme, cela peut nuire sérieusement aux performances chronométriques.
Pour éviter toute tension liée au remontage, Richard Mille a imaginé et développé un rotor ayant la capacité de débrayer automatiquement, se désolidarisant ainsi du mécanisme de remontage lorsque le ressort est idéalement tendu. Celui-ci est ainsi remonté de manière optimale, sans contrainte. Ce système, relié au mécanisme d’indicateur de réserve de marche du mouvement, offre un contrôle du remontage idéal et permet à la montre de travailler là où le couple de barillet a le meilleur rapport constance/puissance. Par ailleurs, Il permet à l’organe oscillateur de travailler dans les meilleures performances chronométriques.
Son fonctionnement est le suivant :
Lorsque la réserve de marche se trouve à 50h, un engrenage spécifique désaccouple le rotor, le mécanisme de remontage cesse ainsi d’armer le barillet. A l’inverse, lorsque la réserve de marche se trouve à 40h, le rotor embraye et la montre rentre en phase de remontage jusqu’à ce que l’indicateur indique 50h.
Il est possible de contrôler ces phases grâce à l’indicateur de remontage. Situé à 12h, il permet d’indiquer à l’utilisateur si la masse est en phase de remontage (on) ou si elle est hors fonction (off)."




RM038 Bubba Watson



Le boîtier de la RM 038, véritable réussite, est "réalisé en magnésium WE 54, un alliage extrêmement robuste et réputé pour sa légèreté. Le magnésium WE 54 est un alliage comprenant 89% de magnésium, 6% d’yttrium et 5 % de terres rares. Le magnésium est l’un des métaux de construction les plus légers du monde. Les propriétés mécaniques du magnésium WE 54 sont bien plus isotropiques que les alliages de magnésium conventionnels.
Après une longue et délicate phase d’usinage, cet alliage subit un procédé d’oxydation par électro­plasma inédit chez Richard Mille, appelé Miarox®. Ce revêtement, de quelques microns, est une céramique d’oxyde cristallin avec une forte proportion de composés extrêmement résistants. Cela permet d’améliorer la dureté de l’alliage et, par conséquent, sa résistance aux chocs et à la corrosion.
Ce traitement, appliqué au magnésium WE 54, utilisé en aérospatiale, dans l’automobile et le secteur médical, est biocompatible et offre une résistance extrême aux rayures et aux UV.
Le boîtier en trois parties est étanche à 50 mètres, grâce à deux joints toriques en nitrile. Il est assemblé au moyen de 12 vis cannelées en titane grade 5 et de rondelles en acier inoxydable 316L résistantes à l’usure
".






Remerciements à toute l'équipe Richard Mille de la boutique Place Vendôme.

Crédits photographiques : Damien K
Texte : Edouard B. (texte italique Richard Mille)

 
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